Jardins d’enfants

 

L’idée même du jardin d’enfants vient selon moi de la nécessité de tenir cloisonné les enfants dans un lieux sécurisé, pour moins s’en occuper et pour les laisser s’occuper d’eux-mêmes en leur permettant de se confronter aux autres dans une transition ludique et sociale.

Constitués de quelques modules assez simples, les jardins pour enfants permettent à leurs jeunes utilisateurs de laisser libre court à leur imagination grandissante avec quelques clés très primaires. Ils font avec ce qu’ils ont : des tubes en acier, des cordes, des couleurs un peu vives et c’est bien souvent tout. En dépit de l’évolution de ces jardins, c’est aux enfants d’imaginer l’aventure qu’ils vont y vivre et de combler une absence d’ingrédients stimulants.

Développés par des designers, ces jardins vont séduire le regard de l’adulte par de belles œuvres architecturales au milieu des villes. Des matériaux composites hi-Tech, des formes épurées, des couleurs ultra-chartées rendent ces jeux aussi normés qu’aseptisés. 

Alors qu’ils sont pensés pour éveiller nos enfants, ces jardins proposent des formes d’activités codifiées et identiquement reproduites que je perçois à travers le prisme de l’ironie comme des parcours militaires miniatures, des camps d’entrainement, des circuits de dressage canin, une chaine industrielle plutôt qu’un lieu d’épanouissement, au regard de tous dans la ville.

Il ressort de ses jardins photographiés dans le monde entier, des structures techniques et peu conviviales comme une préparation au monde d’adulte, structuré, hiérarchisé, austère.